C’est le monde à l’envers: les opposant(e)s bourgeois d’AVSplus jouent maintenant aux sauveteurs de l’AVS alors qu’ils ont encore en main le sécateur avec lequel ils ont amputé l’assurance sociale de plus 10 milliards, en votant des programmes d’austérité.

La démographie

L’AVS serait en danger. A cause de la démographie. Les membres du comité bourgeois contre AVSplus répètent cet argument inlassablement. Comme avant eux, une génération de prophètes autoproclamés qui ont répandu des mensonges année après année. Une chose est sûre : l’évolution démographique a son coût. Mais elle n’est qu’un des facteurs des finances de l’AVS. Le niveau de performance économique est bien plus important : davantage de salaires plus élevés apportent plus de recettes à l’AVS. Raison pour laquelle, ces 40 dernières années, l’AVS a pu doubler le nombre de rentes versées, et encore, des rentes plus élevées. Sans que les cotisations salariales n’aient été relevées. Une seule fois, il a fallu ajouter un point de TVA. Et pour financer les rentes AVS des babyboomers, il faut encore augmenter transitoirement la TVA d’un point. C’est gérable.

Les personnes dans le besoin

Affirmation n° 2 : les personnes dans le besoin ne profiteraient pas d’AVSplus. Quelle jolie pirouette ! Les bourgeois défendraient maintenant les intérêts des mères ou pères célibataires, des jeunes familles et des personnes touchées par la pauvreté. Les mêmes qui peu avant ont taillé dans les réductions aux primes-maladie, les prestations de l’aide sociale et les bourses d’étude. Et qui demain vont se pencher sur le sort des bénéficiaires de prestations complémentaires (PC), et justement drastiquement les réduire. Ce qu’ils « oublient » : les 200 000 bénéficiaires de PC recevront aussi une rente plus élevée grâce à AVSplus. Et le Parlement a jusqu’alors garanti la préservation des droits acquis lorsque les rentes AVS ont été augmentées…

Les silencieux

Et que disent les membres du Comité des opposant(e)s du fait que les futures rentes des caisses de pension plongent régulièrement ? Ils se taisent à ce sujet, dans toutes les langues. AVSplus compense ces pertes avec une hausse des rentes de l’AVS de 10%. Et, nous, nous ne passons pas ce fait sous silence : il faut légèrement augmenter les cotisations salariales de la part des employés comme des employeurs, de chacun 0,4%. Ce qui est bien meilleur marché que dans le 2e pilier où des augmentations de 1 à 3% sont à l’ordre du jour. Mais là-dessus, silence radio des opposant(e)s.